Soie sauvage de Madagascar

La soie sauvage de Madagascar

La soie sauvage de Madagascar est un produit issu d'une tradition ancestrale. Elle est obtenue à partir des cocons des espèces de chenilles à soie endémiques de l'île, dont la plus connue est le Borocera madagascariensis, appelée localement Landibe. Celle-ci se nourrit exclusivement des feuilles d'un arbre également endémique, le Tapia, qui pousse dans les forêts sclérophylles des Hautes Terres et des régions côtières. Mais, comment cette soie sauvage est-elle produite et quels en sont les enjeux ?

Une histoire ancienne et royale

La soie sauvage de Madagascar est introduite sur l’île par l’arrivée des Européens avec le travail de la soie, après la découverte de la présence du ver à soie endémique. Ce travail de la soie a ensuite été maîtrisé par les femmes de la région, qui en ont développé un savoir-faire artisanal et original, bien qu'insuffisant pour production à grande échelle.

Elle connaît son apogée sous l'ère monarchique où elle sert à confectionner des linceuls pour les défunts et les vêtements royaux. Aujourd'hui, elle est encore utilisée pour fabriquer des vêtements, mais aussi des parures, des décorations et des objets d'art de luxe, appréciés pour leur qualité, leur beauté et leur authenticité.

Un processus complexe et artisanal

La production de la soie sauvage de Madagascar est complexe et fait intervenir un grand nombre de personnes, depuis les collecteurs de cocons jusqu'aux vendeurs de produits finis, en passant par les fileurs, les tisseurs et les teinturiers.

Les cocons sont récoltés dans les forêts de Tapia, cueillis sur les branches ou ramassés au sol. Après la cueillette, elles vont subir diverses étapes :

la préparation : où elles sont triées, brossées pour en retirer les poils externes, dépourvues de la chrysalide et retournées ;

la cuisson, avec passage des cocons dans de l'eau bouillante préalablement savonnée et cendrée afin d'en retirer la membrane collante ;

  • la fermentation, sous terre ;
  • le lavage, à l'eau froide ;
  • le séchage, pour obtenir la bourre.

C'est à partir de la bourre qu'est extrait un fil unique qui est enroulé (filage) autour d'un support fixe pour obtenir une bobine. Il peut alors être coloré en de teintes variées et éclatantes, et son tissage est effectué sur des métiers à tisser traditionnels en bois, permettant de réaliser des motifs géométriques ou floraux, typiques de la culture malgache. Les produits finis sont ensuite vendus sur les marchés locaux ou exportés vers d'autres pays.

Un patrimoine culturel et naturel

La soie sauvage de Madagascar est un patrimoine culturel et naturel, qui témoigne de la richesse et de la diversité de l'île. Elle est aussi une source de revenus et de développement pour les populations locales. Ayant une forte valeur ajoutée générant des emplois et des revenus, elle contribue aussi à la conservation de la biodiversité.

Cependant, elle est menacée par plusieurs facteurs, parmi lesquels la déforestation, la concurrence des soies synthétiques, le manque de formation et de valorisation des artisans ou encore la faible organisation de la filière. Des actions sont donc nécessaires pour préserver et promouvoir cette activité, qui représente un enjeu économique, écologique et culturel. Plusieurs initiatives ont été mises en place, mais ces efforts sont encore insuffisants.

Si vous voulez en savoir plus sur la soie sauvage de Madagascar, soutenir les artisans locaux et découvrir les magnifiques produits qu'elle permet de réaliser, n'hésitez pas à consulter notre boutique Présents Lointains.